Sociologie populaire des controverses aux Laboratoires d’Aubervilliers

publié par équipe FORCCAST le 29 juin 2020

catégories Atelier · Événements · Tout public

L’atelier de sociologie populaire des controverses met en partage des outils d’enquête pour mieux agir dans un monde incertain. Cette séance s’intéresse à l’histoire de deux plantes invasives présentes à Aubervilliers : la datura et l’ailante.

Bombyx-Cynthia-ver-à-soie-de-l’Ailante-ou-vernis-du-Japon-importé-en-France-par-M.Guérin-Méneville

Bombyx Cynthia ver-à-soie de l’Ailante ou vernis du Japon importé en France par M.Guérin Méneville

« Si vous enlevez les plantes il n’y a plus d’abeilles, il n’y a plus rien, c’est radical. C’est à la base de tous les écosystèmes. Ce sont elles à l’origine des sols, c’est l’élément essentiel de tout le monde vivant, de tous les réseaux trophiques. » Marc Jeanson, botaniste et responsable de l’Herbier national au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.

Malgré la grande diversité de la flore d’Île-de-France, on observe un déclin global et un changement de la composition des populations de plantes. Si la destruction, la dégradation et la simplification des habitats sont identifiées comme les principales menaces, le réchauffement climatique et les échanges commerciaux avec d’autres régions du monde sont également des causes importantes des changements en cours.

Cet atelier s’intéresse aux mutations récentes de la flore francilienne et en particulier à la controverse concernant les plantes dites « invasives » dont il déplie les dimensions écologiques, sociales, politiques et lexicales. Appelées aussi « espèces exotiques envahissantes », elles ont été introduites par les humains en dehors de leur aire de répartition naturelle, volontairement ou accidentellement, et leur propagation peut avoir des impacts négatifs sur les milieux écologiques. Elles font l’objet d’une vision manichéiste dont découle parfois une analogie trop facile entre protection de la biodiversité locale et repli politique identitaire, qu’il s’agit de déconstruire. Les réalités des circulations au sein de humains et des non-humains sont très hétérogènes : la conservation biologique n’est pas le conservatisme politique, et vice-versa. S’il est important de protéger les habitats de menaces ponctuelles, jusqu’où faut-il s’accrocher à l’idée d’une flore régionale spécifique alors même que le changement climatique transforme rapidement les milieux de vie ?

En complicité avec La Semeuse, FORCCAST propose une enquête collective sur les évolutions de notre paysage végétal. L’atelier invite à étudier en groupe, à partir de documents variés et d’une balade dans le quartier des Labos, les trajectoires de deux espèces présentes à Aubervilliers : la datura et l’ailante. Se pencher sur leur histoire montre qu’elle est complexe et intimement mêlée à celle des humains, aux routes du commerce mondial et de la colonisation, aux transformations liées à l’agriculture.

Informations pratiques

Les Laboratoires d’Aubervilliers – 41 Rue Lécuyer 93300 Aubervilliers – http://www.leslaboratoires.org

Atelier tout public – Samedi 19 septembre 2020 à 15h – Durée : 3h – Gratuit sur inscription auprès de la Semeuse / Les Labos : a.leblanc@leslaboratoires.org

Crédit : Ariane Seibert