Prix de Cartographie des controverses, édition 2018

publié par echauvard on 02 juil. 2018

catégories Controverses · Enseignement secondaire · Enseignement supérieur · Événements

Pour sa huitième édition, le Prix des controverses met en avant les travaux lycéens et s’ouvre au public de la Gaîté lyrique à travers deux sessions de présentation d’études et un atelier inédit.

 

Les étudiants qui s’attardaient dans le hall de Sciences Po, ce soir du lundi 11 juin, ont entendu d’étranges éclats de voix : une représentante de Greenpeace était en effet venue interrompre une conférence de négaWatt sur son projet de sortie du nucléaire, en prenant à parti l’oratrice ainsi qu’une membre d’EDF présente dans la salle. Jouée par trois élèves de 1e S du lycée Léon Blum de Créteil (Val-de-Marne), Assia Bouaziz, Toloue Akhtarkhavari et Raluca Mihalache, cette simulation de débat mettait en scène une étude réalisée pour leur épreuve de Travaux Personnels Encadrés du baccalauréat. Elles la présentaient, ce soir-là, dans le cadre du Prix 2018 de Cartographie des Controverses.

 

Les plus curieux ont alors rejoint la cinquantaine de personnes qui composaient déjà le public de l’événement, pour écouter la suite des présentations. Une autre étude de controverse sur des enjeux en lien avec le  nucléaire fut ensuite exposée par Camille Wiedemann et Guillaume Dekeyser, de l’école des Ponts : le compte des victimes de l’accident de Fukushima. Alisée Koch, Pierre Miller et Emma Dahan, du bi-cursus Sciences et Sciences sociales (Sciences Po – Sorbonne Université), ont conclu en exposant les principaux enseignements de leur enquête sur l’authentification d’un tableau potentiellement attribué au Caravage, récemment découvert.

 

Avant de profiter du cocktail organisé pour clôturer la soirée, les huit étudiants ont reçu leur Prix des mains de la présidente de l’événement, Valérie Beaudoin. Enseignante-chercheuse à Télécom ParisTech, celle-ci avait ouvert les présentations avec un discours retraçant l’histoire de l’enseignement des controverses.

 

Quatre jours plus tard, ce sont les coworkers de la Gaîté lyrique qui ont tendu l’oreille. Dès 19h, un thé ou une limonade à la main, le public s’est pressé autour des tables, sur les bancs et les canapés du Plateau Bar pour assister à une scène de dispute : Camille, quarante ans, veut changer de sexe, mais son mari n’y voit que des inconvénients… et d’abord, qu’est-ce que c’est que changer de sexe ? Cette mise en scène était signée Léa Adeline, Ludovic Brou et Guilherme Pascoal, du Microlycée 93. C’est ensuite un débat télévisé que les spectateurs ont apprécié : Maxime Chiffoleau, Chloé Le Baron et Julie Oliver, de l’ISIGE des Mines ParisTech, incarnaient une journaliste et des invités réunis pour parler d’une mobilisation de riverains contre une usine à Montreuil. Enfin, le public a écouté une création sonore réalisée par Anas Bouzafour, Cuma Karakus, Rida Laarach, Paul-Ernest Martin, Lenny Renault et Edward Tombre, étudiants à Télécom Paristech. Ils avaient au préalable réalisé leur enquête sur un chatbot conçu pour prévenir le suicide : un aspect concret de l’arrivée de l’intelligence artificielle dans nos vies. Saynète, simulation d’émission télévisée, création sonore : les travaux de ces étudiants, eux aussi récompensés par le Prix 2018, témoignent de la grande variété scénographique des restitutions d’études de controverses.

 

En deuxième partie de soirée, une quinzaine de curieux sont restés… prendre le temps de l’enquête. Un atelier inédit les invitait à ralentir afin de saisir la méthode qui sous-tend la cartographie des controverses. Animé par Anaëlle Barnier, Déborah de Comarmond, Étienne Rochard et Guillaume Sauvage autour de leur étude menée à Sciences Po sur les « réfugiés climatiques », l’atelier avait pour but de faire découvrir les toutes premières sensations de l’enquête, ce moment où les sources abondent, où les nœuds de conflit se multiplient, où la controverse se développe dans des sphères imprévues, où le sujet se transforme et s’échappe…

 

Après une rapide introduction présentant le cadrage médiatique de la controverse, les participants se sont plongés dans la lecture d’un corpus de documents compilant des extraits d’entretiens réalisés quelques mois plus tôt par les étudiants. Dans une atmosphère studieuse, ils ont lu, souligné, annoté. Puis, table par table, conseillés par les étudiants et par l’équipe de Forccast, ils ont discuté, rassemblé, dessiné, organisé des post-it sur une large feuille pour esquisser leur analyse des enjeux disputés, avant de la présenter tour à tour à l’ensemble de l’atelier. Trois aspects différents de la controverse ont alors émergé : la dispute sur la dénomination (« réfugié », « déplacé », « migrant », « climatique », « environnemental »…), celle sur la quantification (à combien est évaluée la population de ces « déplacés par le climat »?) et enfin, celle sur les actions à mener.

 

L’exercice a permis de rendre concrètement compte de la complexité des positions, des acteurs et des enjeux – et surtout, dans le contexte de ce sujet en particulier, de l’importance des mots pour comprendre les problèmes posés. Pour finir, les étudiants ont synthétisé ces différents éléments d’analyse et ont conclu la séance en dévoilant les résultats de leur propre enquête.

 

Ce format, combinant restitutions d’études et atelier participatif, était une première pour le Prix des controverses. Saluée par le public, cette formule sera sans doute remise en œuvre pour la prochaine édition. Rendez-vous en juin 2019 !

Dans l’attente, toutes les études sont à retrouver dans la rubrique “Études de cas”.

 

 

 

 

Les élèves du Microlycée 93 en représentation de leurs saynètes sur le changement de sexe, à la Gaîté lyrique

Le public lisant lors de l’atelier « Prendre le temps de l’enquête »

Discours de Valérie Beaudouin en introduction de la première séance du Prix des controverses

Les étudiants du bi-cursus Sciences et Sciences sociales primés pour leur étude « Authentifier le Caravage »

Les élèves du lycée Léon-Blum jouant leur simulation de débat sur la sortie du nucléaire

Les étudiants de l’ISIGE présentant leur étude « Usine toxique ? Montreuil en panique ! »

Les étudiants de l’École des Ponts présentant leur étude sur l’accident de Fukushima

Les étudiants de Télécom recevant leur Prix

 

Les étudiants de l’EMI de Sciences Po recevant leur Prix